Actualités

HANTAVIRUS ANDES

Depuis le 2 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un foyer d’infection à hantavirus de type Andes à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius

Au 11 mai 2026, on dénombre sur le bateau de croisière huit cas confirmés et deux cas probables. Trois décès ont été rapportés, traduisant une létalité élevée estimée entre 30 et 38 %.

En France, les cinq passagers ayant séjourné à bord du navire MV Hondius sont placés en quarantaine à l’hôpital. Une des passagères a été testée positive à son retour et est actuellement prise en charge en soins intensifs à l’hôpital Bichat (Paris). On contact tracing a permis de dénombrer 22 cas contacts et de mettre en place le suivi et les mesures de prise en charge nécessaires.

Le gouvernement français a publié ce lundi un décret pour prévenir toute propagation sur le territoire national.

Modes de transmission

L’hantavirus Andes se transmet principalement par inhalation de particules virales. La souche Andes est la seule à présenter un risque avéré de transmission interhumaine, ce qui en fait une menace particulière en milieu hospitalier et communautaire.

Les symptômes incluent :

  • Fièvre et symptômes gastro-intestinaux (nausées, vomissements, douleurs abdominales)
  • Évolution rapide vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et un état de choc
  • Taux de létalité pouvant atteindre 60 % selon les souches et les contextes.

Mesures à mettre en place dans les établissements de santé

Face à ce risque, les établissements de santé français doivent appliquer des mesures renforcées, inspirées des recommandations de l’OMS, de l’ANRS MIE et du ministère de la Santé.

1. Identification et isolement des cas suspects

  • Critères de suspicion :
    • Fièvre > 38°C + symptômes respiratoires (toux, dyspnée) ET exposition à des rongeurs ou contact avec un cas confirmé (notamment parmi les passagers du MV Hondius ou leurs contacts).
    • Tout patient présentant un SDRA d’étiologie indéterminée doit être considéré comme suspect.
  • Isolement immédiat :
    • Placement en chambre individuelle avec précautions « gouttelettes + contact » (port de masque FFP2, gants, surblouse, protection oculaire).
    • Signalement immédiat au CNR des Hantavirus (Institut Pasteur) et à l’ARS régionale.

2. Prélèvements et diagnostic

  • Prélèvements recommandés :
    • Sérologie (recherche d’IgM et IgG anti-hantavirus) sur sérum ou plasma.
    • PCR (détection de l’ARN viral) sur prélèvements respiratoires (aspiration nasopharyngée) ou sanguins (en phase précoce).
    • Les analyses sont centralisées au CNR des Hantavirus (Paris) et au laboratoire associé en Guyane.
  • Transport des échantillons :
    • Respect des règles de biosécurité (emballage triple, étiquetage « risque biologique »).

3. Prise en charge thérapeutique

  • Aucun traitement antiviral spécifique n’est actuellement approuvé en France.
  • Prise en charge symptomatique :
    • Oxygénothérapie, ventilation mécanique en cas de SDRA.
    • Surveillance étroite des fonctions rénales (risque d’insuffisance rénale aiguë avec d’autres souches d’hantavirus).

4. Prévention de la transmission nosocomiale

  • Hygiène des mains :
    • Lavage ou friction hydroalcoolique avant et après chaque contact avec un patient ou son environnement.
  • Nettoyage et désinfection :
    • « La SF2H recommande d’utiliser un désinfectant sporicide (eau de Javel ; acide peracétique…) selon les modalités d’utilisation habituelles ou recommandées par le fabricant, pour le bionettoyage de l’environnement des cas suspects, probables ou confirmés, ainsi que les sujets contact, quel que soit le type de contact. »
    • Élimination des déchets contaminés selon la filière DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux).
  • Formation du personnel :
    • Sensibilisation aux modes de transmission et aux mesures barrières.
    • Rappel des procédures d’isolement et de signalement.

5. Surveillance et coordination

  • Signalement obligatoire :
    • Tout cas suspect ou confirmé doit être déclaré sans délai à Santé publique France via la plateforme SI-VIES.
  • Collaboration avec les ARS :
    • Mise en place de cellules de crise locales pour coordonner la réponse.
    • Traçage des contacts des cas confirmés (passagers du MV Hondius, proches, soignants).

Sites officiels pour aller plus loin :

Dernières actualités

SEV 2026

CAMPAGNE 5 MAI 2026« 5 MIN, 5 JOURS, 5 DEFIS POUR L’HYGIENE DES MAINS »

Bug.Control